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75.
Mercredi Publié
le 10/02/2011 à 18:56

Ce matin, je dois
accompagner Adjilla à la banque : ouverture possible d’un
compte ?
Nous sommes reçus par une conseillère qui, bien
entendu, nous demande les justificatifs relatifs à l’association.
Je tiens à préciser qu’il m’avait dit
que tout était en ordre, qu’il n’y avait aucun
problème. Je n’avais pas vérifié, quelle
erreur ! Il nous sort des documents totalement inutilisables,
n’ayant pas été mis à jour depuis 2007
!!! Des statuts non signés, et lui n’apparaissant
nulle part. Je m’étonne et il me répond :
je vais tout de suite aller voir le président et nous allons
faire le nécessaire immédiatement ! Bien sûr,
lui répondis-je... et je pense : peut-être qu’on
aurait pu commencer par ça !
De toutes les façons, il va falloir se bouger : je pars
dans 15 jours, mon gars…
En partant, il a insisté pour que je conduise son Range
Rover. Je vous décris l’état du véhicule
: boite de vitesse bien amochée, embrayage : pareil. Il
me précise qu’à l’arrêt il faut
passer au point-mort sinon la pédale d’embrayage
reste collée au plancher. Le compteur a fait cinq tours
au moins ! Quant aux indicateurs vitesse, essence, huile, il y
a longtemps, il y a bien longtemps, que « ça ne travaille
plus ». Je conduis malgré tout jusqu’à
Lomé AR mais pas très détendue, je dois bien
l’avouer…
En arrivant, il m’annonce qu’il ne peut pas nous déposer
avec les enfants à la plage car il doit vite régler
les problèmes pour la banque. Soit, mais moi je fais quoi
avec ma promesse faite aux petits monstres qui attendent ce jour-là
avec impatience ? Je dois me résoudre à l’évidence
: il faut que je les emmène moi-même avec le tombereau
!
Nous décidons de partir à 12H30. Et bien croyez-moi
si vous voulez, nous avons réussir à partir à
13H30 !
Font partie du voyage : les grands soit 7 enfants, (les petits
feront l’objet d’un second tour) plus Joséphine,
17 ans, les adultes étant Pascaline, Mary et Ibrahim qui
fait partie du centre des garçons. Nous étions donc
12 dans ce périple ! Et nous voilà partis ! Joséphine
avait affirmé qu’elle connaissait la route pour la
plage « Coco Beach » (plage non dangereuse pour les
enfants). Ici c’est l’Atlantique…
Arrivés à Lomé, nous prenons donc, sur ses
indications, la direction de la frontière du Ghana. On
avançait, on avançait... Au bout d’un moment,
je ne l’entends plus piaffer. Je l’interroge à
nouveau et elle me répond « Non ! C’est l’autre
côté ! Du côté de la frontière
du Bénin ! » Là, j’avoue que je lui
en aurai bien collé une à cette grande bécasse...
Demi-tour, ce qui ici, je le précise, est super dangereux
(d’autant que la marche arrière est introuvable)
! Nous passons donc le port de Lomé où il règne
un bazar de camions garés dans tous les sens, etc…
Nous arrivons enfin !
Baignade pour les enfants : tout le monde est content, tout va
bien !
16H30, je décide qu’il est temps de rentrer : la
nuit tombe vite ici. Nous reprenons le véhicule et nous
démarrons, nous faisons 1 kilomètre et là
: catastrophe ! Je m’enlise dans un trou de sable !!! Impossible
de repartir ! Un homme arrive, tourne autour du véhicule,
constate que tout ça « c’est gâté
». Ok, ça j’avais remarqué ! Puis un
autre arrive et encore et encore... et là, la solidarité
joue ! Je me sens soulagée ! Sauf que lorsqu’on n’a
pas de pelle et rien d’autre que des morceaux de brique
et des bout de bois, ça n’arrange pas ! Et bien,
figurez-vous qu’ils ont réussi à soulever
l’engin à mains nues ! Ils ont bien essayé
de mettre une planche mais elle a pris feu à force de patiner
!!! Ils nous ont enfin sortis de là une bonne heure plus
tard ! Je les ai dédommagés et remerciés
avec beaucoup de chaleur. J’étais infiniment soulagée
et presque au bord des larmes. Mais il était naïf
de croire que les ennuis étaient terminés…
J’ai quand même mis du carburant (dans le doute).
Il n’était pas question de tomber en panne et j’ai
bien fait ! Comme par hasard, il avait oublié…
Nous traversons Lomé à 18 heures et là :
le cauchemar !!! Paris, pendant les grèves de 95, c’est
de la rigolade ! Sauf que là, vous avez plus de motos que
de voitures, ça débouche de partout, à gauche,
à droite, ça crie !
18H45 : je ramène les enfants entiers. Je prends mes affaires,
je rentre, j’appelle Olivier et là, je me dis que
je veux rentrer à ma maison !!!
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76.
Petit goûter après la plage !
Publié le 10/02/2011 à
19:02

Juste une orange...
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| 77.
Dany adore les gomettes !
Publié le 10/02/2011 à
19:21

Tous les matins, je lui fais promettre
de rester habillé, il a trouvé une solution tout seul
!
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| 78.
Jeudi 10 février
Publié le 13/02/2011 à
11:18
Ce matin, Martin mon
chauffeur taxi moto, n’est pas au rendez-vous. D’habitude,
il a souvent du retard mais là je comprends qu’il brille
par son absence. Il n’est pas joignable... Il a fini par m’appeler
ce soir pour me dire qu’il était au Bénin et
que je le reverrai bientôt ! Je vais donc à l’orphelinat
à pied...
Quand j’arrive, c’est palabres entre les filles, ça
crie ! Problèmes d’organisation du travail visiblement.
Je ne comprends pas tout, elles parlent vite. Moi, je file aider
Pascaline en cuisine ; elle me présente des légumes,
dont des tomates qui ont déjà bien vécues.
Je lui dis : mais elles sont pourries ces tomates ! Ça les
fait beaucoup rire. En fait, ici, on dit « elles sont cassées »,
soit, mais elles sont quand même vraiment pourries ! Tant
pis, on les cuisine quand même pour le repas du midi. Je frémis
à l’avance d’avoir à manger ça
au déjeuner…
Je m’occupe ensuite des petits. Je trouve Macafi bizarrement
fagotée : elle avait une robe ficelée à la
taille. Je m’étonne et demande qui l’a habillée
ce matin : c’est Joséphine qui a 15 ans. Je lui montre
l’étiquette : taille 6M, la petite à 4 ans.
Je lui demande si elle sait à quoi correspond le fameux 6M,
elle me répond très sérieusement : 6 mètres
!!!
Dans le même esprit, je regarde souvent les cahiers scolaires
des enfants. Sur un cahier, à la place du nom, l’enfant
a écrit « moi » puis sur la page d’après,
son nom : MOI MED (pour Mohamed). Il a 9 ans et est au CE1 ! Je
les accompagne en classe la semaine prochaine, je sens que cela
ne va pas être triste, ils sont 62 par classe pour un maître.
Je peux comprendre pourquoi ils ont tous 15 ans en 6ème…
Beaucoup de visites aujourd’hui à l’orphelinat
: des pasteurs, un prophète (première fois que j’en
rencontre un, je dois dire qu’il m’a laissé une
impression très très mitigée).
Ce soir, il y a de l’orage qui gronde... Ici, quand la pluie
tombe, cela ne fait pas semblant ! Comme les fenêtres sont
constituées d’ailettes en guise de vitres, ce n’est
pas étanche : la maison est remplie de courants d’air,
ça fait beaucoup de bien, un peu de fraîcheur !
Je me rends compte que j’ai oublié la souris de mon
ordi au cybercafé ; mince, ça pleut fort ! Tant pis,
j’y vais, c’est à cinq minutes. Je reviens toute
trempée. En arrivant, je trouve une scène qui me paraît
surréaliste : les jeunes gens qui habitent la maison (qui
sont logés parce qu’ils font partie de la famille dont
les parents sont au village et qui font leurs études ici
ou les deux petites bonnes qui sont en « apprentissage »
depuis de nombreuses années semble-t-il) mangent dans le
garage sur un vieux bidon d’huile en guise de table. Apparemment,
c’est leur salle à manger… Décidément,
il ne fait pas bon être jeune au Togo ! Je parle souvent avec
Adibé, une des deux bonnes à qui je refile souvent
en douce mon dessert quand j’en ai un, (souvent de l’orange
ou ananas), qu’elle partage avec les autres ; on a un plan
: je fais mine d’aller le manger sur la terrasse pour fumer
une clop, elle récupère et me rend l’assiette
que je ramène vide à la cuisine, tout le monde est
content !
Elle me disait être payée 8 000 FCFA pour 7 jours de
travail, pas de congés, cela fait en euros : 12,20 exactement
!
Il est 20 heures, temps de rejoindre ma chambrette et de bouquiner
un peu avant de dormir. A ce sujet, je panique un peu : j’ai
attaqué mon septième livre et malheureusement le dernier
! Je ne pense pas trouver une librairie sur Lomé... Je vais
lire doucement sinon il ne me reste plus que la méditation
!
Demain, dernier jour de la semaine... |
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| 79.
Lomé Publié
le 13/02/2011 à 11:48
Ballade au grand marché de Lomé,
quartier des tissus et vue sur la cathédrale.
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| 80.
Vendredi Publié
le 13/02/2011 à 11:49
Aujourd’hui, tout
est calme et tout le monde a le sourire. Chouette ! Les enfants,
n’ont pas d’école ; en fait, ils y sont allés
ce matin, mais comme le maître était saoul, il a renvoyé
tous les mômes à la maison !!! On les a vus revenir
vers 11 heures... Je leur ai acheté une corde à sauter,
j’ai fait un tabac ! Ca les a occupés un bon moment
!
L’après-midi, nous avons fait une séance de
dessin-peinture. Là, ça a été une autre
histoire, ils en ont collé partout !
Le soir, j’ai retrouvé les autres volontaires : nous
avons dîné au bord de la route goudronnée (des
brochettes) avec de la musique à fond ; on avait du mal à
s’entendre mais ça fait du bien de communiquer et de
partager...
Demain, 9 heures : départ pour Togoville avec les filles,
haut lieu de pèlerinage. Je sens que ça ne va pas
être triste encore ! |
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| 81.
Arrivée en pirogue à Togoville
Publié le 15/02/2011 à
21:24
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| 82.
Petit pot avec les volontaires
Publié le 15/02/2011 à
22:13
Demain Mercredi, j'emmène
les enfants à la plage ! Fiesta à la maison ! Mais
voilà Adjilla n'est pas décidé à nous
emmener avec son gros 4/4 et me propose donc de les conduire ! Panique
à bord ! Son engin date de Mathusalem et c'est quand même
une grosse responsabilité de trimballer 10 personnes là-dedans
! Nous faisons donc un essai en faisant le tour du quartier, cela
a fait son effet ! Tout le monde était dehors, plié
de rire, la Yovo qui conduit c’est pas tous les jours ! Les
vitesses, ça va à peu près mais il n'y a pas
de frein !!! Il faut pomper, je me retrouve quasi debout sur la
pédale, comment je vais faire ??? Et en plus, il faut traverser
Lomé avec tous les deux roues, je suis très très
inquiète ! Mais lui, il trouve que je me débrouille
bien, il n'est pas difficile, le gaillard !!! Bon, je vais tester
: puisque demain matin nous allons à la banque, je vais faire
le trajet avec lui. Ensuite, j'aviserai... Bon sang, je vais m’en
souvenir de ce voyage au Togo !!!Ils ont tous voulu la photo ! |
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| 83.
Samedi et dimanche Publié
le 15/02/2011 à 22:18
Samedi matin, rendez-vous
avec les filles à 9 heures à la douane : départ
Togoville !
Tout le monde est là : Sylvia, italienne, Sarah, danoise
; nous attendons Pascale, la petite belge qui a déjà
adopté le rythme togolais, jamais à l’heure
!
Nous prenons enfin un taxi collectif qui nous amène à
Lomé ; de là, nous devons en prendre un autre car
ils n’ont pas le droit de circuler sur la voie rapide ; nous
en prenons donc un qui nous amène directement à Agbodrafo
et de là nous prenons un taxi-moto pour rejoindre le lac,
d’où nous prendrons une pirogue qui nous dépose
sur l’ile de Togoville, haut lieu de pèlerinage. Cette
ville de 10 000 habitants est au cœur de l’histoire mystique
du pays : elle se trouve paraît-il en face de la forêt
sacrée où les prêtre vaudous ont enterré
jadis les fétiches fondateurs du peuple Ewé. Aujourd’hui
encore, cet endroit est empreint de mysticisme comme en témoignent
les nombreux fétiches et les nombreuses cérémonies
de purification et de remerciements qui s’y déroulent
chaque année. Ça fait franchement froid dans le dos
: vous trouvez ici et là des statues auprès desquelles
les personnes viennent faire un vœu en se présentant
nues, en pleine nuit, et en faisant offrande d’un oiseau qu’on
sacrifie au pied de la statue. Et je vous éviterai les poupées
transpercées dans tous les sens afin de régler vos
comptes avec des personnes qui vous cassent un peu trop les pieds
(ce serait mentir que ne pas dire qu’on pense obligatoirement
à des gens qui vous pourrissent un peu la vie, avec les filles,
nous l’avons évoqué à peu près
en même temps !!!).
Nous avons un guide, c’est obligatoire car nous devons avoir
l’autorisation du chef de village pour accéder à
la visite, paraît-il, sauf qu’on ne l’a pas vu,
il était occupé ! Pas grave, on nous demande tout
de même 10 000 FCFA pour pouvoir accéder au lieu !
On nous propose aussi la visite à la princesse de Togoville,
mais pour la voir, il faut lui offrir une boisson à 5 000
FCFA ! Nous déclinons la proposition en pensant qu’il
ne faudrait tout de même pas pousser : la Carlita de Togoville
attendra les prochains Yovo pour boire !
Il fait une chaleur épouvantable et, je dois dire, pas grand-chose
à voir, mis à part ce qu’ils appellent la cathédrale
construite par les allemands en 1910. Il y a été ajouté
plus tard, en 1985, un espace « mini Lourdes » car le
Pape est venu cette année-là. Nous visitons la fameuse
cathédrale. Au-dessus de l’hôtel, voici ce qu’il
y est écrit :
Bienheureuse es-tu Marie, tu as mis au monde celui qui t’a
créée et tu demeures vierge.
Pour déjeuner, nous trouvons un hôtel restaurant prêt
à nous recevoir et nous pouvons nous rafraichir un peu :
nous dégoulinons de sueur. Nous avons déjeuné
de fruits et nous reprenons la pirogue en sens inverse : à
nouveau taxi-moto dans le sable, et nous allons visiter la maison
des esclaves (la traite négrière a cessé en
1952) : bâtiment style afro-brésilien qui d’après
notre Monsieur guide ( très charmant et drôle d’ailleurs)
est resté presque intact depuis l’époque. On
y découvre le labyrinthe souterrain par lequel les esclaves
pénétraient dans la maison et, dans la pièce
principale, une trappe qui permet d’accéder aux sous-sols
où étaient entassés les prisonniers. Le guide
insiste pour que nous y descendions afin de mieux nous rendre compte
du traitement inhumain qui était infligé aux esclaves
(par les blancs). Un lieu symbolique, rempli d’histoire.
Nous reprenons un taxi pour le retour sur Lomé ; je discute
avec le chauffeur sur la situation au Togo et là, il me tient
un discours en me tenant les propos suivants : " Oui, bien
sûr, on fait n’importe quoi ici, vous comprenez, les
Togolais ne sont pas disciplinés, ils font n’importe
quoi ! ". Mais il faut que je vous dise qu’en me tenant
ce discours, il roulait sur la contre-allée qui est une bande
de sable qui longe la route, car il trouvait qu’il y avait
trop d’embouteillage et que cela n’allait pas assez
vite ! Et nous slalomons entre les chalands qui vendent de la nourriture…
De là, moi je stoppe à l’hôtel IBIS pour
y passer la nuit, histoire de manger un peu et dormir au moins jusqu’à
8h le matin, ce qui est techniquement impossible dans ma famille,
compte tenu du fait que Mama Thérèse hurle sans cesse
(toutes les cinq minutes) « Adibey ! » qui est le prénom
de la petite bonne, à partir de cinq heures du matin. C’est
tout simplement insupportable, raison pour laquelle, je me sauve
tous les week-ends.
Dimanche, les filles sont venues me retrouver au bord de la piscine,
cool ! Et nous sommes rentrées le soir vers 20 heures. |
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| 84.
Arrivée dans Togoville
Publié le 15/02/2011 à
22:23

Remarquez l'assainissement central...
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