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45.   La marelle pour tous !   Publié le 27/01/2011 à 16:28


Finalement, ça amuse les petits et les grands !


46.   Technique kangourou !   Publié le 27/01/2011 à 16:29

C'est étonnant de voir les enfants dormir dans des positions diverses sur le dos de leur maman. L'autre jour, j'en ai vu un qui avait la tête en bas et il dormait paisiblement !


47.   Mercredi 26 janvier   Publié le 31/01/2011 à 13:13

Retour sur Lomé pour trouver ma fameuse colle à carrelage.
Je n’en démords pas, cela doit exister obligatoirement ! Nous reprenons donc le fameux 4x4…
Il y a une chose qui m’a vraiment surprise : avant de démarrer, nous faisons une prière ! Cela se termine par Amen, c’est tout ce que je comprends ; même chose pour le déjeuner, bénédicité obligatoire pour tous les enfants.
J’ai trouvé ma colle ! Je vais pouvoir œuvrer…
Rabbi, toujours sur le pont, me prête main-forte. Heureusement, car compte-tenu de la chaleur qui règne ici, les efforts ne sont pas les mêmes.
14 heures, c’est terminé. Reste le temps de séchage, nous verrons ça demain…


48.   Jeudi matin 24 Janvier   Publié le 31/01/2011 à 13:33

J’arrive.
Il me faut vous expliquer qu’il y a une petite pièce attenante à la douche qui est, en fait, un ancien WC dont la fosse est pleine. Jusqu’à ce matin, elle était plus ou moins bouchée, mais je ne sais pour quelle raison mon Sani (un peu dingue) n’a rien trouvé de mieux que de l’ouvrir ! L’odeur était donc impressionnante… et il a eu l’idée géniale de balancer la bouteille de térébenthine entière dedans pour masquer l’odeur !!!!
Tant pis pour les enzymes, et pour moi, bonjour l’odeur !
Impossible de travailler !
J’ai donc trouvé un sac plastique dans la rue et j’ai colmaté du mieux que j’ai pu…
Aujourd’hui, je suis un peu fatiguée. Difficile de dormir la nuit : le voisin d’à côté a la délicieuse idée, tous les soirs, d’installer sa télévision dans la cour ; et visiblement les amis viennent profiter du programme… Il me paraît difficile de ronchonner mais je crois que je vais investir dans une paire de boules Quiès.
Les parents de la famille qui m’accueille ne sont pas encore rentrés de voyage. Ils sont partis pour 3 jours… cela en fait 15 (la notion du temps n’est pas la même pour tous…).
Cela ne me pose pas de problème, au demeurant, sauf pour la nourriture car ils ont visiblement laissé assez peu d’argent aux enfants et j’en subis les conséquences. Je fais donc mes courses moi-même en fonction de ce que je trouve…


49.   Vendredi matin   Publié le 31/01/2011 à 13:57

La nuit a été difficile en raison de la chaleur et une sale bête est venue me tenir compagnie vers 3 heures du matin. J’ai senti quelque chose me parcourir le bras : UN ENORME CAFARD ! Ici, leur taille est impressionnante !!! Compte tenu de l’heure, je n’ai pas hurlé, mais ça n’était pas l’envie qui m’en manquait !!!
J’ai serré les dents… je l’ai bien coursé un quart d’heure… La reprise du sommeil a été difficile.
Ce matin, à l’orphelinat, je m’attaque à mon chantier carrelage pour finir les joints (j’ai même trouvé de la pâte à joints !). Je dois terminer aujourd’hui car avec les filles, nous avons prévu l’inauguration lundi matin. Tout à coup, voilà que je vois arriver mon Sani avec un énorme tuyau : ils ont décidé de vider la cuve à merde qui se trouve juste derrière ma douche ! Justement maintenant alors que ce n’est pas sec du tout !!! Inutile de vous dire que le planning, ici, « connais pas ». Bref, nous mettons une vieille porte au sol pour essayer de protéger mon petit boulot… et là, je me sauve au maquis d’en face : il règne une odeur terrible, je ne résiste pas…
Adjima dit « le papa » a acheté un nouvel ordinateur. Je suis un peu étonnée car il y en a un en état de marche sur la table. Je le sais puisque je forme Gloria un peu tous les jours sur Excel. « Pas assez puissant » me dit-il. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il me semble anormal qu’on demande à Mary de faire 3 km à pied pour trouver des œufs à 0,75 F CFA au lieu de 100 F CFA (ce qui représente, je le rappelle 15 cts d’euros) et qu’on investisse une somme conséquente dans un ordinateur qui date de Mathusalem en vue d’une possibilité internet… Je ne comprends pas tout à fait les priorités budgétaires mais, bien entendu, je ne m’en mêle surtout pas. Il faut aussi se dire que l’envie de tout est tellement présente qu’il est très difficile pour eux de résister, même si c’est au détriment des petits… Raison pour laquelle je veille à faire des dons concrets, à savoir : deux lits superposés pour éviter aux enfants de dormir à même le sol, un WC à la turc pour améliorer la propreté et l’hygiène du lieu, les uniformes scolaires car ils n’ont pas de rechange (je vous laisse imaginer l’état des tenues) ou les travaux de la douche, car c’est du concret et je sais exactement comment tout cela est géré… Quant aux sacs à dos, ils sont fournis par TOTAL……..
Cet après-midi, je vois un petit s’approcher de moi, je le regarde, ne le reconnais pas et, tout à coup, je comprends qu’on a rasé la tête de Dany ! Je m’approche de la terrasse et là, j’assiste à une scène incroyable : les enfants passaient les uns derrière les autres dans les mains de Sani et Pascaline, lame de rasoir à la main et se faisaient raser car ils ont tous cette maladie capillaire appelée « la teigne » ! Là, c’est trop, les larmes me montent aux yeux. Merde, mais dans quel monde je suis !
Cela leur donne tout à coup un regard tellement triste ! Les petits garçons encore, ça leur fait une tête de petit homme, mais les petites filles comme Mapopo et Macafi ce n’est pas possible !
Martin, mon petit chauffeur de taxi-moto passe me prendre à 15 heures, je suis presque soulagée de partir, pour une fois.
Arrivée à la maison, pour me remonter un peu le moral, je vais boire un petit coup à l’hôtel qui se trouve à côté de la maison, l’hôtel Caraïbes, hôtel de passe comme ils disent ici… Le terme n’est pas le même que chez nous : cela veut dire hôtel de passage… Je discute un peu, je me suis fait des copines dans le quartier ; à force de me voir tous les jours, on discute toujours un peu le soir quand je rentre.
Je me bois mon petit Youki pom pom. Je ne bois plus de bière togolaise, elle me donne des maux de tête… je ne sais pas ce qu’ils mettent dedans, mais c’est redoutable !
En arrivant dans ma chambre, je rencontre à nouveau une bestiole bizarre. Là, je me manifeste bruyamment et j’envoie un des enfants acheter un produit répulsif. Je fais un ménage d’enfer à l’eau de javel et me sens un peu rassuré… mais pas complètement.
Je dîne et vais dans ma chambre. Je m’attaque à l’écriture de mon blog, car en fait voilà comment je procède : j’envoie le texte par mail à Olivier, les photos sur Facebook, Olivier récupère tout ça et me le transfère sur le blog ; obligée car, compte tenu de la qualité du débit internet, je pourrais passer mes nuits au cybercafé ! Sauf quand je suis en vacances pour le week-end à Lomé à l’hôtel Mercure : là c’est cool ça vient tout seul.
Je vais arrêter maintenant car nous avons une panne de courant général et mon petit ordinateur me dit qu’il n’est plus chargé. De toutes les façons, il faut que je dorme : demain , je pars à Kpalimé sur les plateaux ouest du Togo à environ 160 km pour deux jours !
À plus…


50.   Ils ont rasé les enfants   Publié le 31/01/2011 à 14:16


Mapopo, Macafi et Dany.


51.   Assou   Publié le 31/01/2011 à 14:25


Assou récupère mes chaussures qui ont été planquées par Rabbi !


52.   Samedi 29 janvier   Publié le 31/01/2011 à 14:28

Samedi matin départ KPALIME avec Amélie, une autre volontaire avec qui je m’entends bien, Adjila (le chef de l’orphelinat), sa femme Gloria et Junior qui a 12 ans et qui n’est pas peu fier de nous accompagner…
Nous avons rendez-vous à 9 heures… Amélie et moi sommes prêtes devant la maison. Ils doivent passer nous prendre.
9H30 : arrive le petit junior qui me dit qu’on ne peut pas partir car le Sani (oui, encore lui !) est parti avec les clés de la chambre du chef et il n’est pas envisageable de partir sans que celle-ci ne soit fermée à clé à double tour… Bref nous attendons patiemment sous une chaleur qui commence déjà à être étouffante !
10H30 : nous voyons arriver le Range Rover ; on part. Nous devons passer à l’autre orphelinat pour déposer de la nourriture, pas de souci ! Et là je comprends le mécontentement d’Adjila, car Sani a oublié un sac de riz pour un centre où nous nous rendons à Kpalimé ! Nous retournons donc au centre, 20 kms en arrière, et là seulement, nous pouvons envisager un départ. Il est donc 11 heures !!! C’est à tomber fou... D’autant que nous avons tout de même un bébé de 3 mois dans la voiture en pleine chaleur !
Nous arrivons vers 13 heures. Nous passons dans un centre qui comprend une douzaine d’enfants, mais ils sont absents car nous sommes samedi et ils vont vendre des choses diverses au marché ; nous les verrons demain.
Il est l’heure de déjeuner et ,avec Amélie, nous invitons donc notre petit monde au resto, ce qui est un évènement pour eux. Nous cherchons dans notre guide une adresse et trouvons « Chez Lazare ». Il y fait une cuisine européenne, paraît- il, et là blocage de la part de Gloria qui fait la tête et refuse de manger cette nourriture. Nous lui expliquons le menu avec beaucoup de patience et trouvons enfin un plat qui peut lui convenir : côte de porc charcutière avec des frites. Adjima choisit des rognons de bœuf, Junior, Mélanie et moi du poulet bicyclette avec de la purée maison, le festin ! Gloria a même mangé son plat et la quasi-totalité du plat de son mari…
Mon séjour ici semble me donner une qualité que je n’ai pas : la patience ! Souhaitons que je ne l’oublie pas en partant…
L’après-midi, nous avons visité les lieux et quelques villages et avons fini par trouver un hôtel où Mélanie et moi avons dormi, il y avait bien longtemps que nous n’avions pas ri comme ça, si vous aviez vu l’hôtel !!!


53.   Sortie Kpalimé   Publié le 31/01/2011 à 14:48


Pour toi Amélie ! week-end mémorable...


54.   Dimanche matin   Publié le 31/01/2011 à 14:50

Nous sommes tous repartis. Nous avons emmené avec nous un homme d’une trentaine d’année que nous devons déposer au centre qui est en fait un lieu de réhabilitation « phase 1 » : on y place les personnes ados ou adultes toxico et ou alcooliques trouvés dans la rue et qui doivent passer par la phase de sevrage. Cet homme me fait de la peine ; il me dit que cela fait trois jours qu’il n’a pris aucune drogue et qu’il faut qu’il tienne. Il y va de sa vie. Le centre refuse toute aide médicamenteuse ; j’espère qu’il va tenir, je lui souhaite du courage.
Nous avons vu des villages où la vie est incroyablement difficile. Les maisons sont fabriquées en torchis avec toit de paille ou je ne sais quelle végétation, pas d’électricité, pas d’eau, de la terre battue... Cet état de pauvreté, on a le sentiment que tous ces gens sont totalement méprisés, mais malgré tout ils semblent garder une fierté et avant tout cette foi en Dieu qui les habitent au quotidien. En fait, pour ne pas sombrer dans la complaisance ou le sentimentalisme, nous luttons souvent contre nos émotions par des blagues et des fous rires interminables. L’auto- dérision voire la dérision tout court font partie de la panoplie des faux fuyants quand on est dépassé par ses propres émotions. Je commence à me demander ce qu’il va me rester de tout cela à mon retour... Vais-je retrouver mes marques et mon petit confort immédiatement où aurai-je toujours dans un coin de ma tête tous ces enfants qui ont faim en permanence et qui manquent tellement de tout…


 
 
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