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Finito patriciaautogo ! Maintenant, c'est patriciaalamure
! Publié
le 28/02/2011 à 19:47
Jeudi !
Hier soir, j’ai dîné chez Colette et Tobbé,
les deux sœurs qui sont famille d’accueil et que l’ai
rencontrées à mon arrivée. Nous avons fêté
mon départ imminent ; la générosité
et la gentillesse de ces deux personnes me touchent vraiment.
Ce matin, 8 heures, je reçois un SMS de Sylvia, une volontaire
italienne, qui me dit : « ce soir, restaurant pour se dire
au revoir ! » Je trouve vraiment gentil qu’elles y aient
pensé ! Rendez-vous à la douane à 18 heures
!
Lorsque j’arrive à l’orphelinat, Adjima semble
m’attendre. Il a, semble-t-il, réglé les problèmes
administratifs relatifs à l’ouverture d’un compte
bancaire et nous voilà partis ! Petite prière avant
de mettre le contact de la voiture et direction l’ambassade
du Ghana ! il faut valider ses papiers (son passeport était
périmé depuis 2006…). En sortant, nous nous
tapons dans la main « Au moins, ça c’est fait
! ». Maintenant, direction la banque… Je m’attends
à ce que quelque chose ne soit pas en règle. La dame
conseiller au poste important a passé un temps infini à
lire et à relire : ils adorent se donner de l’importance,
et nous, on est là à attendre…, on attend, on
attend ! Moi, j’en ai marre, je passe des SMS ; ce n’est
pas poli mais bien moins que ce qu’elle nous fait subir…
Au bout de 45 minutes, elle nous annonce que tout est OK. Ouf !!!
On l’a mérité, (moi surtout). Je ne suis pas
habituée à ce genre de méthode : en France,
il y a longtemps que je lui aurais claqué la porte au nez,
à la banquière… Nous rentrons à l’orphelinat.
Le soir, nous nous retrouvons dans un resto français à
Lomé :Le Greenfield ! Super, mondernier repas au Togo sera
une pizza !
Vendredi, dernier jour !
Ce matin, je prépare ce que je laisse aux filles de l’orphelinat
et aux enfants : mon drap à Dany, les deux taies d’oreiller
pour Makafie et Mapopo, (l’orthographe de leurs prénoms
n’est pas juste mais je ne vais pas changer maintenant), mes
Conversesà Joséfine, mon téléphone à
Rabbi, mes sandalettes à Mabelle et tout ce qui me reste
comme produits de toilette, crème, etc. à la communauté,
en veillant à ce que Gloria ne pique pas tout pour elle…
Nous allons acheter du poulet et des spaghettis car aujourd’hui,
c’est déjeuner amélioré et c’est
moi qui cuisine ! Ca, ce n’est pas gagné, mes talents
de cuisinière n’ayant pas réussi à voir
le jour jusqu’à aujourd’hui…
Je redoute l’heure du départ, j’ai une boule
au ventre… Nous faisons la vaisselle ensemble, nous rangeons
et là, il faut bien que je me décide à les
quitter. Comment expliquer ce moment ? Je n’arriverai pas
à décrire ce que j’ai ressenti, une forme d’abandon
et en même temps, bien sûr, contente de retrouver les
miens. J’étais vraiment mal, moi qui ai horreur des
au-revoir… (le nombre de fois où j’ai quitté
des personnes dans ma vie sans leur dire au revoir, ce qui n’est
d’ailleurs pas sans m’être mise dans une position
indélicate le plus souvent).
Dany est accroché à ma robe ; ce petit gars si intelligent
pour ses trois ans a bien compris que la rupture était proche.
Mapopo et Makafi sont plutôt en retrait avec leur taie d’oreiller
dans les bras. Je donne une poignée de mains à Adjima,
la bise n’est pas de circonstance ; garder une forme de distance
est une forme de politesse et de respect pour lui. Les enfants sont
partis à l’école, nous nous sommes dits au revoir
; je sens que pour eux, j’étais une volontaire de plus
et qu’il y en aura surement d’autres qui arriveront.
Ils sont habitués. Il y a bien sûr des liens plus forts
qui se sont tissés avec certains mais je sens chez eux cette
force de caractère voire même d'indifférence
ou de resistance à l'émotion.Le plus difficile pour
moi a été de quitter les filles : nous nous sommes
embrassées, serrées dans nos bras, les larmes sont
montées, impossible de retenir cette émotion qui nous
prend, nous pleurons tous !
Cette expérience existe en moi. Très fortement. Je
ne parlerai pas de changement car je crois davantage au fait que
nous sommes constitués de choses, des images et des rencontres
que nous vivons… Moi qui ai plutôt tendance à
cacher mes émotions, je me suis laissée submerger
par les sentiments au moment de mon départ.
Cette aventure m’a touchée ; il faut se dire que l’idée
de ne pas se revoir est romantique. C’est comme une histoire
d’amour inachevée sur laquelle on pourrait fantasmer
éternellement. Tous ces souvenirs, ces émotions, ces
échanges, je vais les trimballer toute ma vie !
17 heures : Projects Abroad doit me récupérer pour
m’accompagner à l’aéroport. Quelle ne
fut pas ma surprise en constatant que Kwamé « Director
of Togo » était présent. Mais quel honneur !!!
Dans la voiture, il fait son paon, me remercie et me remet une écharpe
brodée à mon nom pour me remercier. Je rigole, non
mais je rêve !!!… Vraiment, mais quelle mascarade…
Ils me déposent devant la porte, car il faut savoir qu’ici,
personne d’autre que les voyageurs ne peuvent pénétrer
dans l’enceinte de l’aéroport. J’ai présenté
mon passeport et ma carte d’embarquement au moins 6 fois,
me suis fait fouiller mes bagages 3 fois ! Mais que de zèle,
me dis-je en me souvenant qu’à mon arrivée,
en passant à la douane, le contrôleur m’a demandé
combien je voulais payer pour récupérer mes bagages…Inutile
de préciser qu'il s'est fait remballer le jeune homme, en
plus je ne savais plus où j'avais mis la clé...
J’ai su un peu plus tard qu’il y avait un ministre Togolais
et son staff dans l’avion, ceci explique peut-être cela
!
Nous avons enfin pu embarquer. Escale au Burkina Fasso. Evidemment
mal installée, allée du milieu côté couloir,
l’avion était plein. Arrivée Bruxelles, 5 heures
du matin. Je sens que j’approche de mes retrouvailles avec
Olivier et Norma, je commence à trépigner…
J’arrive à Lyon à 11h15, récupération
des bagages, je sors et je les vois là,tous les deux, le
bonheur de les retrouver ! Oui mais voilà, moi, j’ai
faim ! et ça fait déjà un petit moment que
ça dure ! Direct Valence, petit resto avant d’arriver
au Hameau.
Depuis, j’essaie de reprendre mes marques, ce qui est loin
d’être évident. En plus, j’ai très
froid : j’ai perdu 30° en 24 heures…
Samedi soir, coup de téléphone, Olivier répond
: on demande « Maman Patricia ». Un peu étonné,
il me passe le téléphone, c’était Adjima
qui appelait pour me demander si j’étais bien rentrée.
Compte tenu de leurs moyens, je vous assure que j’ai apprécié
le geste à sa juste valeur !
Dans quelques jours, une fois que j’aurai complètement
atterri, j’essaierai de faire un petit bilan de ces semaines
si riches en émotion, en découvertes, en déconvenues
aussi… histoire de faire avancer un peu (très peu !)
le shmilblick !
Mais ça va me manquer ces petits résumés pour
vous raconter ! vous savez quoi ? je vais faire pareil pour les
chambres d'hôtes, parfois cela ne manque pas de piquant les
petites histoires du Hameau de la Mûre !!! |