Le blog de Patricia sur centerblog.net   >>>
PUBLICATIONS
1 à 8                9 à 17               18 à 25                26 à 34                35 à 44                45 à 54                55 à 64                65 à 74                75 à 84                85 à 94                95 à 104                105 à 114

   
105.   Mardi   Publié le 23/02/2011 à 20:03

Alors là, c’est le pompon ! Ce n’est plus trois malades mais onze !!! Ça tousse dans tous les coins ; la fièvre, n’en parlons pas... Ils sont tous allongés, partout ; de plus, la petite Makafi est tombée d’un mur : elle a une bosse pas possible et, depuis, est dans un état de léthargie totale. C’est pour elle que je m’inquiète le plus, d’autant que son état n’inquiète personne... Ici, ils l’appellent tête allongée ! Je ne sais pas quoi faire...
Vers Midi, Daniella, intervenante de Projects Abroad m’appelle : elle souhaite que nous allions déjeuner sur Lomé et veut faire une vidéo pour que j’explique mon expérience et mon impression sur ma mission de volontariat ; je n’ai pas l’impression que c’est le bon jour pour moi, je ne me sens pas d’humeur aujourd’hui, mais bon, j’y vais !
Nous prenons un taxi collectif et là, heureusement, nous avons bien ri ! Nous étions sept dans lavoiture : trois devant et moi derrière avec trois dames que nous qualifierons de « confortables ». J’ai cru étouffer dans cette chaleur, on n’arrivait pas à fermer la porte et on ne me voyait plus…
Après déjeuner, je laisse Daniella rentrer et moi je vais de mon côté au centre artisanal de Lomé,histoire de trouver quelques petites choses à rapporter du Togo. Difficile de trouver mais j’ai fait de mon mieux ! De là, j’ai repris un taxi moto puis un taxi collectif ; ça me donne presque une sensation d’autonomie, car il est extrêmement difficile de se repérer ici : les points de référence sont les quartiers, la douane ou le camp militaire. Par exemple, le matin quand je vais à l’orphelinat, maintenant, j’explique moi-même le chemin ! En arrivant, je n’aurais jamais cru cela possible…


106.   mercredi 23 février   Publié le 23/02/2011 à 20:04

Les enfants sont toujours HS mais bon, on leur donne des médicaments. Il y a trois cas de pallu, même mon Dany a de la fièvre, c’est une vraie bouillotte. Makafie est toujours aussi amorphe ; je me dis qu’un jour, il va y avoir un drame ici...
J’essaie de les occuper avec de nouveaux crayons de couleurs et leur demande de faire un dessin. Et là, je vois que cela n’est pas possible : ils veulent que moi, je fasse des dessins car ils n’ont aucune idée (ce qui n’est pas grave ensoi). Je leur propose donc de dessiner une maison et là, Ben me regarde droit dans les yeux et me dit « Mais nous, on n’a pas de maison ! » Difficile de résister à la petite boule qui monte dans la gorge...
Quand je pense que je vais les quitter dans deux jours, moi je vais reprendre ma vie de confort... eux je ne saurai jamais ce qu’ils seront devenus... d’autres yovos viendront après moi, vivront la même chose que moi et auront le même sentiment d’impuissance que moi !
...
Ce soir, je vais dîner chez Colette et Tobbé, deuxfemmes adorables qui sont aussi famille d'accueil ; je les ai rencontrées au début de mon séjour et nous nous dirons au revoir...


107.   Finito patriciaautogo ! Maintenant, c'est patriciaalamure !   Publié le 28/02/2011 à 19:47

Jeudi !
Hier soir, j’ai dîné chez Colette et Tobbé, les deux sœurs qui sont famille d’accueil et que l’ai rencontrées à mon arrivée. Nous avons fêté mon départ imminent ; la générosité et la gentillesse de ces deux personnes me touchent vraiment.
Ce matin, 8 heures, je reçois un SMS de Sylvia, une volontaire italienne, qui me dit : « ce soir, restaurant pour se dire au revoir ! » Je trouve vraiment gentil qu’elles y aient pensé ! Rendez-vous à la douane à 18 heures !
Lorsque j’arrive à l’orphelinat, Adjima semble m’attendre. Il a, semble-t-il, réglé les problèmes administratifs relatifs à l’ouverture d’un compte bancaire et nous voilà partis ! Petite prière avant de mettre le contact de la voiture et direction l’ambassade du Ghana ! il faut valider ses papiers (son passeport était périmé depuis 2006…). En sortant, nous nous tapons dans la main « Au moins, ça c’est fait ! ». Maintenant, direction la banque… Je m’attends à ce que quelque chose ne soit pas en règle. La dame conseiller au poste important a passé un temps infini à lire et à relire : ils adorent se donner de l’importance, et nous, on est là à attendre…, on attend, on attend ! Moi, j’en ai marre, je passe des SMS ; ce n’est pas poli mais bien moins que ce qu’elle nous fait subir… Au bout de 45 minutes, elle nous annonce que tout est OK. Ouf !!! On l’a mérité, (moi surtout). Je ne suis pas habituée à ce genre de méthode : en France, il y a longtemps que je lui aurais claqué la porte au nez, à la banquière… Nous rentrons à l’orphelinat.
Le soir, nous nous retrouvons dans un resto français à Lomé :Le Greenfield ! Super, mondernier repas au Togo sera une pizza !
Vendredi, dernier jour !
Ce matin, je prépare ce que je laisse aux filles de l’orphelinat et aux enfants : mon drap à Dany, les deux taies d’oreiller pour Makafie et Mapopo, (l’orthographe de leurs prénoms n’est pas juste mais je ne vais pas changer maintenant), mes Conversesà Joséfine, mon téléphone à Rabbi, mes sandalettes à Mabelle et tout ce qui me reste comme produits de toilette, crème, etc. à la communauté, en veillant à ce que Gloria ne pique pas tout pour elle…
Nous allons acheter du poulet et des spaghettis car aujourd’hui, c’est déjeuner amélioré et c’est moi qui cuisine ! Ca, ce n’est pas gagné, mes talents de cuisinière n’ayant pas réussi à voir le jour jusqu’à aujourd’hui…
Je redoute l’heure du départ, j’ai une boule au ventre… Nous faisons la vaisselle ensemble, nous rangeons et là, il faut bien que je me décide à les quitter. Comment expliquer ce moment ? Je n’arriverai pas à décrire ce que j’ai ressenti, une forme d’abandon et en même temps, bien sûr, contente de retrouver les miens. J’étais vraiment mal, moi qui ai horreur des au-revoir… (le nombre de fois où j’ai quitté des personnes dans ma vie sans leur dire au revoir, ce qui n’est d’ailleurs pas sans m’être mise dans une position indélicate le plus souvent).
Dany est accroché à ma robe ; ce petit gars si intelligent pour ses trois ans a bien compris que la rupture était proche. Mapopo et Makafi sont plutôt en retrait avec leur taie d’oreiller dans les bras. Je donne une poignée de mains à Adjima, la bise n’est pas de circonstance ; garder une forme de distance est une forme de politesse et de respect pour lui. Les enfants sont partis à l’école, nous nous sommes dits au revoir ; je sens que pour eux, j’étais une volontaire de plus et qu’il y en aura surement d’autres qui arriveront. Ils sont habitués. Il y a bien sûr des liens plus forts qui se sont tissés avec certains mais je sens chez eux cette force de caractère voire même d'indifférence ou de resistance à l'émotion.Le plus difficile pour moi a été de quitter les filles : nous nous sommes embrassées, serrées dans nos bras, les larmes sont montées, impossible de retenir cette émotion qui nous prend, nous pleurons tous !
Cette expérience existe en moi. Très fortement. Je ne parlerai pas de changement car je crois davantage au fait que nous sommes constitués de choses, des images et des rencontres que nous vivons… Moi qui ai plutôt tendance à cacher mes émotions, je me suis laissée submerger par les sentiments au moment de mon départ.
Cette aventure m’a touchée ; il faut se dire que l’idée de ne pas se revoir est romantique. C’est comme une histoire d’amour inachevée sur laquelle on pourrait fantasmer éternellement. Tous ces souvenirs, ces émotions, ces échanges, je vais les trimballer toute ma vie !
17 heures : Projects Abroad doit me récupérer pour m’accompagner à l’aéroport. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que Kwamé « Director of Togo » était présent. Mais quel honneur !!!
Dans la voiture, il fait son paon, me remercie et me remet une écharpe brodée à mon nom pour me remercier. Je rigole, non mais je rêve !!!… Vraiment, mais quelle mascarade…
Ils me déposent devant la porte, car il faut savoir qu’ici, personne d’autre que les voyageurs ne peuvent pénétrer dans l’enceinte de l’aéroport. J’ai présenté mon passeport et ma carte d’embarquement au moins 6 fois, me suis fait fouiller mes bagages 3 fois ! Mais que de zèle, me dis-je en me souvenant qu’à mon arrivée, en passant à la douane, le contrôleur m’a demandé combien je voulais payer pour récupérer mes bagages…Inutile de préciser qu'il s'est fait remballer le jeune homme, en plus je ne savais plus où j'avais mis la clé...
J’ai su un peu plus tard qu’il y avait un ministre Togolais et son staff dans l’avion, ceci explique peut-être cela !
Nous avons enfin pu embarquer. Escale au Burkina Fasso. Evidemment mal installée, allée du milieu côté couloir, l’avion était plein. Arrivée Bruxelles, 5 heures du matin. Je sens que j’approche de mes retrouvailles avec Olivier et Norma, je commence à trépigner…
J’arrive à Lyon à 11h15, récupération des bagages, je sors et je les vois là,tous les deux, le bonheur de les retrouver ! Oui mais voilà, moi, j’ai faim ! et ça fait déjà un petit moment que ça dure ! Direct Valence, petit resto avant d’arriver au Hameau.
Depuis, j’essaie de reprendre mes marques, ce qui est loin d’être évident. En plus, j’ai très froid : j’ai perdu 30° en 24 heures…
Samedi soir, coup de téléphone, Olivier répond : on demande « Maman Patricia ». Un peu étonné, il me passe le téléphone, c’était Adjima qui appelait pour me demander si j’étais bien rentrée. Compte tenu de leurs moyens, je vous assure que j’ai apprécié le geste à sa juste valeur !
Dans quelques jours, une fois que j’aurai complètement atterri, j’essaierai de faire un petit bilan de ces semaines si riches en émotion, en découvertes, en déconvenues aussi… histoire de faire avancer un peu (très peu !) le shmilblick !
Mais ça va me manquer ces petits résumés pour vous raconter ! vous savez quoi ? je vais faire pareil pour les chambres d'hôtes, parfois cela ne manque pas de piquant les petites histoires du Hameau de la Mûre !!!


108.   Ma star du Togo   Publié le 02/03/2011 à 10:50


Il les a gardées sur le nez toute la journée !


109.   Dany, le calin...   Publié le 02/03/2011 à 10:52


Il sent que le séparation est proche...


110.   La cuisine   Publié le 02/03/2011 à 10:52


Poulet spaghettis !


111.   Le puits   Publié le 02/03/2011 à 10:54


La tâche qui m'a le plus crevée !!!


112.   Veille du départ !   Publié le 02/03/2011 à 10:55


... on sert à même le sol.


113.   Transport de l'eau potable   Publié le 02/03/2011 à 10:57


Pour moi la charge était plus que légère...


114.   Rabbi et Joseph   Publié le 02/03/2011 à 11:01


   
 
•  La Cadelle à Cotignac  •
 
La Cadelle © 2026
La maison   •   Les projets   •   Les travaux   •   Venir nous voir   •   L'actu   •   Sites amis