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55.   Village sur la route de Kpalimé   Publié le 31/01/2011 à 14:56


Vue sur un village à 120 kms de Lomé.


56.   Lundi matin 28 Janvier   Publié le 04/02/2011 à 20:43

Aujourd’hui, nous devons inaugurer la nouvelle douche. Devant la porte, Rabbi a mis de jolis rubans que nous devons couper et fêter cela avec un verre de Coca en guise de champagne. C’était malheureusement sans compter avec notre Sani qui a décidé de remettre une vieille porte toute pourrie dont il a coupé le bas, sauf qu’il a mis les gonds à l’envers !
Nous avons donc dû faire appel à un gentil monsieur qui a remis tout à l’endroit mais ça lui a pris la journée complète…
Nous reportons donc notre projet à plus tard.


57.   Mardi 26 janvier   Publié le 04/02/2011 à 21:26

En arrivant, je trouve Mary pliée en deux, en train de vomir ; elle m’explique qu’elle a une infection au ventre qui n’a pas été soignée depuis des mois et ça la reprend. Je file direct voir Adjima pour envisager une consultation avec un médecin, la réponse est nette et sans appel : «Nous n’avons pas d’argent pour ça, nous nous en remettons à Dieu…».
Là, je reste sans voix, ce qui chez moi est plutôt rare !
Après réflexion, j’appelle le bureau de Projects Abroad : c’est le bon jour, il y a des responsables qui viennent de Londres pour contrôler l’organisation togolaise qui présente, semble-t-il, bien des failles. C’est donc le moment pour eux de faire du zèle et j’en profite lâchement. On me donne donc l’autorisation d’amener Mary à l’hôpital pour la soigner à leurs frais. Là, je demande la directrice (une sœur) qui était censée avoir reçu un appel de Kwamé, le responsable, sauf qu’évidemment il ne l’avait toujours pas fait. Alors là, la moutarde me monte au nez ; je l’ai rappelé à mon bon souvenir et lui ai dit ma façon de penser de son comportement et terminé ma discussion en disant : «Ai-je été assez claire ???» Bizarrement, la sœur a reçu son appel dans la minute…
Un peu plus tard, nous étions toutes les deux dans la salle d’attente (qui est un couloir étroit), assises sur un banc, Mary la tête posée entre ses genoux toute souffrante quand, tout à coup, une porte s’ouvre juste en face de nous… je vois arriver une infirmière poussant un chariot en fer et qui fonce tout droit sur la tête de Mary ! Et du coup, elle se retrouve en larmes avec une énorme bosse sur le front !!! J’étais folle…
Nous avons fait les examens, prise de sang, analyse d’urines… Pendant qu’on y était autant faire la totale, on n’est pas prête de retrouver une occasion pareille ! Résultat : otite purulente, infection urinaire et ulcère à l’estomac, rien que ça…
Cet après-midi, tous les volontaires ont rendez-vous à 15 heures dans les bureaux de Projects Abroad. On nous a remis des tee-shirts avec le logo pour l’occasion et on nous demande gentiment de les porter car nous rencontrons le grand monsieur qui vient de Londres, exprès ! … suite aux plaintes (apparemment justifiées) de plusieurs volontaires. Il fallait donc éclaircir le sujet…
Je dois préciser que, pour ma part, j’ai eu de la chance dans le placement où je me trouve, mais il y a des gamines de 20 ans parachutées dans des orphelinats de 80 gosses et qui bossent 12 heures par jour dont 4 à éplucher des légumes, et d’autres qui n’ont plus de mission depuis un mois et qui se lamentent dans leur chambrette en attendant désespérément la date de leur retour ! C’est inexplicable et j’ai l’impression que les collaborateurs du Togo sont dans leurs petits souliers… Il semble que l’équipe va être renforcée par des compétences extérieures venant du Canada pour améliorer les choses. Je pense qu’il va y avoir du boulot…
Ce soir, j’ai fait mes adieux à Amélie, ma petite compagne de virée de week-end, qui a terminé sa mission de volontariat et avec laquelle j’ai partagé de bons moments de fous-rires. Elle rentre à Paris et me laisse dans ma fournaise togolaise…


58.   Mercredi   Publié le 04/02/2011 à 21:50

Ce matin, j’arrive au centre le ventre vide, je n’ai pas pu déjeuner : une des filles de la maison m’a cassé mon pot de confiture et je n’ai plus de beurre ; en fait, je crève de faim et je file à la petite baraque d’à côté m’acheter un pain (qu’ils font ici un peu sucré) et qui cale bien l’estomac.
On ne peut toujours pas inaugurer la douche : il manque toujours quelqu’un ! C’est décidé, on le fait demain, tant pis pour les absents.
Après le ménage, la lessive et un petit thé, nous attaquons la cuisine. Je n’en peux plus de ces haricots mélangés avec du riz concassé ! Ici, on n’a pas le loisir de se demander ce qu’on va bien pouvoir faire à manger : c’est tous les jours la même chose que Dieu fasse ! Pour le coup, je file à la boutique de surgelés qui surgèle bizarrement et j’achète du poulet. Attention ! il faut avoir le cœur bien accroché : quand je pense aux procédures sanitaires chez nous, il faut voir l’état du congélateur et le contenu…
Bref, je rentre avec mon poulet et je fais la cuisine : poulet sauce tomate… pas trop compliqué. Ils ont aimé, tant mieux ! C’était rigolo de voir tous ces petits en train de ronger leur os de poulet…En fait, c’est pas si rigolo que ça, ils mangent comme si c’était un dessert quand on ajoute une viande ou un poisson à leur plat quotidien. Ils le gardent toujours pour la fin, mais voilà…
Tout à l’heure, j’ai eu une longue discussion avec Adjila : il me demande de l’accompagner à la banque pour l’aider à obtenir l’ouverture d’un compte, ce qui ne semble pas si simple ici. En fait, il peut recevoir des dons de sociétés mais ne peut pas encaisser de chèques car ils n’a pas de compte ; il ne peut donc que recevoir, à ce jour, des dons en espèces de particuliers. Or, cela devient de plus en plus difficile car les Togolais en ont ras le bol des orphelins. Ils nous le disent quand on va acheter de la nourriture ; on a vraiment l’impression d’être de la racaille ! Il faut bien dire qu’on trouve des orphelinats à tous les coins de rue. Je ne connais pas le nombre d’orphelins au Togo mais je vais me renseigner…
Ce soir, en rentrant avec mon petit chauffeur Martin, je passe par LeaderPrice, histoire de me trouver quelques trucs à manger, surtout du lait, beurre et confiture pour le matin. Je trouve de l’emmental, de la vache-qui-rit, c’est universel et, surtout, je vois une sorte de charcuterie qui vend du jambon blanc, super ! Quelques yaourts et me voilà de retour. Je me dépêche de sortir mon jambon ; en arrivant, j’en salivais d’avance ! Déception : je me retrouve face à une sorte de mortadelle immonde. Je referme et m’engloutis la moitié du paquet de gruyère et 2 yaourts.
La famille qui m’accueille (qui a fini par rentrer hier) ne prépare que du fufu, cette pâte qu’on mange avec les doigts (je n’aime pas du tout) ou de la semoule avec un peu de sauce tomate en boite et présente ça comme du couscous…
Je n’ai pas mangé de légumes sauf des tomates depuis que je suis arrivée. Hier soir, j’en avais justement des tomates : en salade, que j’avais préparées moi-même avec des œufs durs. Quand Mama Thérèse s’assoit à côté de moi et finit mon plat, elle me dit texto : «c’est bon ça, je ne connais pas, je vais en faire, ça va me dégraisser !!!»
En fait, j’ai fini par comprendre que, pour eux, les légumes ils appellent ça des feuilles ! Il y a des expressions comme ça, un peu imagées et assez drôles : les tongs, ce sont des tapettes, le revêtement de sol plastique : carpette…
Puis elle sort une sorte de racine d’un sachet en plastique et elle m’explique que c’est un médicament qui vient du village et qui doit la purger car elle a des vers et elle les sent dans la gorge ! Là, mon repas était terminé, j’avais le cœur au bord des lèvres…
En fait, j’attends ce week-end : je vais aller me prendre 2 jours au Mercure pour manger européen. Je suis désolée mais le groupe Accor, ça a au moins ça de bien : ça vous permet de manger et de boire un petit café …
Tiens, coupure de courant ! C’est tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Plus qu’à attendre que ça revienne !


59.   Déjeuner amélioré   Publié le 04/02/2011 à 22:01


Aujourd'hui, c'est poulet ! Petit festin...


60.   Vue sur le monde extérieur...   Publié le 04/02/2011 à 22:03


No comment...


61.   Pas très simple...   Publié le 04/02/2011 à 22:36


Pauvre bébé, il n'a que 3 ans! !!


62.   Passionnant, l'informatique !   Publié le 04/02/2011 à 22:45


Ils ont tous voulu la photo !


63.   Jeudi 3 février   Publié le 04/02/2011 à 22:55

Parfois, je me dis que je ne vais plus savoir quoi dire sur mon blog et que je vais vivre un petit train-train quotidien : taxi-moto, orphelinat, maison… mais non pas du tout ! Il se passe tous les jours quelque chose au Togo !!!
Ce matin, je trouve Adjila dans un grand état de tristesse ; je n’ose pas lui demander ce qui ne va pas… et je rejoins les filles à l’arrière de la maison. Nous nous attaquons aux tâches quotidiennes. Il faut savoir qu’elles commencent à 5h30 le matin !
Puis je vois arriver un jeune homme qui est censé installer le fameux WC des enfants, sauf qu’il ne voit pas du tout comment faire. Il est maçon, pas plombier, et ne comprend pas du tout ce qu’on veut. Nous décidons donc d’aller chercher à Lomé le matériel. Peut-être que, de visu, il comprendra ce qu’on veut exactement. Nous arrivons au magasin et là, je comprends qu’il faut un peu plus de matériel que juste un WC à la turc… J’appelle Olivier pour lui demander conseil et il me donne des informations précieuses, car le responsable du magasin lui ne parle pas. J’achète donc le coude, etc… et puis, je m’étonne, en essayant d’emboiter tout ça, ça va fuir si on ne colmate pas ! Là, je demande et on me dit : « bien sûr il faut de la colle ! ». Je lui précise que ce n’est pas mon métier d’origine et je le remercie de ses recommandations… Heureusement, car nous étions bons pour revenir demain, or les trajets en 4/4 qui fume, avec Julio Iglesias à tue-tête sous la chaleur et dans la pollution… très peu pour moi.
A ce moment, sur le retour, Adjila m’explique pourquoi son cœur est triste (selon son expression) : il s’est rendu compte que Sani piquait du matériel dans la boutique de Mary (qu’elle a installée dans le garage) pour le revendre en douce et se faire quelques sous. Pour lui, c’est insupportable ; il ne peut plus avoir confiance et veut le transférer dans un autre centre Remar composé uniquement de garçons, en vue d’un redressement disciplinaire. Ca ne rigole pas avec l’autorité ! Ici, les enfants doivent impérativement respect aux adultes, que ce soit en parole ou comportement. C’est le bordel partout, mais la-dessus, on ne transige pas !
En rentrant, nous passons voir une femme notaire qui s’occupe un peu d’eux et surtout les soutient par des dons. J’évoque avec elle le fait qu’ils n’ont pas de compte en banque, ce qui pose problème, car certaines sociétés sur Lomé sont à même de faire des dons, mais bien entendu par chèque et en aucun cas en espèces (il semble qu’il y ait eu des abus par-ci par-là et certains responsables se font quelques profits perso). Cela doit être possible, me dit-elle. Nous convenons d’un rendez-vous la semaine prochaine et irons ensemble voir un conseiller à la banque pour trouver une solution. Adjila étant anglophone, il est très difficile pour lui de s’exprimer en français, surtout celui qu’on pratique ici ! De ce fait, il sera possible de faire des dons par virement même de France et Maitre Ani sera à même de vérifier l’utilisation de ces dons, car j’insiste sur le fait que l’argent doit servir à acheter de la nourriture où payer le loyer.
De retour à l’orphelinat, nous retrouvons notre monsieur qui ne comprend toujours pas. Là, je regrette notre plombier préféré à la Mûre – Thierry - qui aurait assurément réglé le problème en deux temps trois mouvements ! Nous nous mettons donc en quête de quelqu’un qui maitrise le sujet et nous trouvons. 3 heures plus tard, c’était posé !
Maintenant, on attend que ça sèche avant utilisation…
ON VA Y ARRIVER, C’EST SÛR ! ! !
En attendant, comme j’avais promis de leur faire un tableau Excel pour les aider à saisir leurs dépenses et recettes et tenir une petite comptabilité, je m’exécute et je forme Gloria qui n’est pas peu fière de se rendre utile et de pouvoir aider son mari. En fait, c’est fou ce qu’ils demandent tous, adultes comme enfants, c’est de l’amour, de l’attention et surtout de la considération. Ca les rend tellement heureux ! Ils sont tellement maltraités, mal jugés… Il y a des moments, je me demande comment ils font pour tenir, surtout qu’il n’y a guère d’espoir d’amélioration. Mais malgré tout, au présent, nous rions franchement, beaucoup et souvent ; et vraiment je les aime beaucoup toutes ces belles personnes.


64.   Jeudi soir   Publié le 05/02/2011 à 14:41

Ce soir, je dîne avec Michèle au resto.
Nous avons trouvé un maquis au bord de la grande route goudronnée. Je panique un peu sur leurs brochettes. En fait, ici, on mange de la viande d’un animal qu’on appelle Agouti, cela ressemble à un gros rat ! Nous avons vu des enfants sur la route de Kpalimé, le week-end dernier qui en vendaient. Ca me terrifie ! J’ai peur qu’on m’en refile en guise de brochette de bœuf… Je choisis donc de la saucisse genre « Strasbourg ». Si ça se trouve, c’est pire !!!
En fait, mon petit chauffeur Martin me disait justement que dans le coin on mange du chien. Il y a un quartier sur Adidogomé où on en trouve. J’en parle à l’orphelinat à Rabbi qui me dit : "mais oui, bien sûr ! Ici, il y avait deux chiens l’an dernier et ils les ont bouffés"!
Je n’en reviens pas, ça me file des frissons. Je crois que je vais me contenter de légumes jusqu’à mon départ…


 
 
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