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95.   Jeudi   Publié le 18/02/2011 à 18:16

Joséphine accompagne Pascaline à l’hôpital. Elles me demandent de me joindre à elles... Si j’avais su ! Nous attendons dans le couloir d’attente quand, tout à coup, nous entendons des hurlements. Sur le moment, j’ai cru qu’on venait de circoncire un gamin (ici ils le font très tard et, systématiquement, ça les fait souffrir énormément) quand nous voyons arriver trois enfants accompagnés d’une infirmière : ils avaient les mains en l’air... en fait, ils avaient piqué des sucreries ; la femme s’est plainte auprès de leur père qui, par mesure de punition, a fait la chose suivante : il a fait frire trois œufs, un pour chaque enfant, leur a demandé de tendre la main, leur a versé l’œuf frit dans chaque main et a ordonné de serrer le poing ! Ils sont sévèrement brulés ! Il y avait des européens qui visitaient l’hôpital, ils n’ont pas été déçus ! Nous étions tous en larme, certains ont fait des photos pour porter plainte contre le père et entamer une procédure d’enlèvement ; de toutes les façons, ce soir, ils dormiront à l’hôpital et demain ou dans les jours qui viennent ils seront placés dans un orphelinat.
Cet après- midi, j’accompagne avec Mabelle (15 ans) les enfants à l’école. Ils sont super contents et moi aussi d’ailleurs. En fait, leur école est basée dans le camp militaire d’Adidogomé; nous sommes donc accueillis par des mecs armés de mitraillettes braquées bien droit devant eux, ok c’est cool ! C’est un immense espace et au fond setrouvent les classes et un nombre incalculable d’enfants, tous habillés de leur uniforme beige, chemise et bermudas pour les garçons et robe pour les filles. Les cours reprennent à 15 heures, je visite les classes et me présente aux différents maîtres qui sont ravis d’ailleurs de recevoir une yovo. Puis Mabelle me dit : il faut régler le problème de Mohamed ! Et là, je pressens encore un plan tordu ! En fait, mon Mohamed, (celui qui écrit son nom MOI MED) est arrivé en janvier à l’orphelinat Rémar, et a donc été inscrit auprès du directeur de l’école, sauf que celui-ci a décidé qu’il n’y avait plus de place en CE2 et qu’il fallait dont le placer en CM1 ! Mais il a oublié de le déclarer auprès de la secrétaire !!! L’enfant participe donc à une classe mais il n’est pas sur le registre car le maître n’est pas au courant de cette affaire ; et celui-ci me dit très sérieusement : vous comprenez, pour moi, c’est un clandestin, je ne veux pas en entendre parler !!! J’essaie d’argumenter en prétextant qu’il aurait peut-être pu s’informer au lieu d’ignorer ce gosse depuis deux mois ! Bon, ça suffit, je vais voir la fameuse secrétaire ! Elle fait venir mon Mohamed, lui demande son nom et il répond : Mohamed Innocent ! Autre problème, me dit-elle : « quand on s’appelle Mohamed, on ne peut pas s’appeler Innocent » et elle engueule le gosse. J’essaie d’intervenir en disant que là n’est pas vraiment le problème mais qu’il se situe surtout sur sa participation active dans une classe et qu’il faudrait qu’il cesse d’être un « clandestin ». Elle convoque tous les enfants de l’orphelinat Rémar et là tout le monde s’en prend une ! Je commence à m’énerver en lui précisant qu’ils n’y sont pour rien, eux, s’ils ne savent pas faire leur boulot et si il arrive quelque chose à ce gosse dans l’enceinte de l’école, ils en seront responsables, inscrit ou pas, Mohamed comme innocent ou pas d’ailleurs ! Aussi par la même occasion et contre toute attente, elle me dit (en se recoiffant avec son peigne) : « d’accord, vous avez raison, revenez demain matin à 8 heures, nous l’inscrirons avec le directeur et il sera en CE2 !!! ». J’ai accompagné tout le monde en classe (ils sont entre 60 et 80 par classe), nous avons fait des photos pour le plaisir de tous, grands et petits et je reviens demain matin pour inscrire le petit. Reste plus qu’à trouver son vrai nom à celui-là…


96.   La classe de CE2   Publié le 18/02/2011 à 18:56


L'appareil photo, ils adorent !


97.   L'heure de rentrée a sonné !   Publié le 18/02/2011 à 19:00


L'instituteur n'est toujours pas là, il est 15H20...


98.   Arrivée à l'école   Publié le 18/02/2011 à 19:03


Les petits me serrent la main, tellement contents que je les accompagne !


99.   Classe de CM2   Publié le 18/02/2011 à 19:04

Ici, pas de problème de comparaison de marques : tout le monde a le même uniforme !


100.   Les instituteurs   Publié le 18/02/2011 à 19:10


La dame en jaune : l'institutrice ; celle du milieu : la secrétaire, un personnage.
Quant au monsieur, c'est un problème semble-t-il...


101.   Vendredi 18 février   Publié le 18/02/2011 à 19:19

J’arrive à l’orphelinat avec pour objectif de la journée de retourner à l’école pour régler le problème de Mohamed. Gloria n’est pas prête à m’accompagner et, visiblement, n’en n’a pas envie. Je me demande si elle craint de ne pas savoir se débrouiller avec cette histoire, vue l’absence de son mari, ou si c’est parce qu’elle n’a pas son autorisation pour intervenir. Mais bon étant donné qu’on ne connait pas sa date de retour, il n’y a pas le choix : il faut y aller, moi je ne rentre pas dans ces considérations. Il n’avait qu’à faire les choses correctement dès le départ.
Nous prenons donc chacune un taxi moto, elle avec sonbébé dans le dos. Je n’ai qu’une crainte, c’est qu’elle le perde en route! Il n’est jamais tenu que dans un pagne attaché à la taille, tout de même !
Nous arrivons à l’école, sommes contrôlées par la police militaire… j’explique notre cas et ils nous laissent passer. En fait, ça fait un drôle d’effet comme accueil en classe !
Nous sommes reçues par la secrétaire et le directeur enfin présent. Il m’explique que quand Adjima est venu inscrire Mohamed, il lui a déclaré que : oui il était en CE2 dans l’école précédente mais comme il le trouvait intelligent, il fallait le placer en CM1, ben voyons ! Je lui propose de mettre le fils de Gloria qui nous accompagne (4 mois) en CM2 juste pour voir car je le trouve très en avance pour son âge !!! Ce qui ne justifie en aucune manière que cet enfant ne soit inscrit nulle part. Il admet avoir oublié de faire le nécessaire et se justifie en m’expliquant que le maitre de la classe est vraiment incompétent et qu’ils ne savent pas quoi faire... Bon, on s’en moque, ils vont enfin inscrire le petit en CE2 avec une institutrice qui a l’air «normale » mais son nom sera inscrit au crayon car on ne connait toujours pas son nom de famille à ce petit Mohamed ou Innocent ? Va savoir…
Nous rentrons au centre de meilleure humeur. J’invite Gloria à boire un Youki cocktail au maquis pour en terminer avec l’épisode, car c’était un peu tendu, je dois dire… Vers midi, j’en ai marre, il fait une chaleur épouvantable. Je me tire pour le week-end.
Bye Bye, à lundi !


102.   Avant la rentrée de 15 heures   Publié le 18/02/2011 à 20:34


... on sert à même le sol.


103.   UN ÉNORME BISOU, MERCI POUR VOS MESSAGES !!!   Publié le 22/02/2011 à 12:51

MAIS CE N'EST PAS FINI, JE VOUS RACONTERAI TOUT JUSQU'À MON DÉPART POUR l'AÉROPORT !!!


104.   DERNIERE SEMAINE !   Publié le 23/02/2011 à 16:58

Lundi
Je suis rentrée hier soir en taxi. Un gentil monsieur a accepté de m’accompagner jusqu’à la maison, ce qui est loin d’être évident, car ils sont peu à accepter de rouler dans le sable. En général, ils nous laissent à la route goudronnée et devons reprendre une moto ! En plus, il m’a fait visiter quelques quartiers de Lomé ; nous avons bien ri, il était content d’avoir une française dans sa voiture. A un moment, il ronchonnait sur la mauvaise conduite des motos, notamment sur une qui a tourné à gauche un peu brutalement, et il me dit « Vous avez vu, il n’a pas mis le bras qui tourne !!! » Ca, j'adore ! À 19h, j’étais rentrée.
Ce matin, je me dis en partant que je vais bientôt les quitter. Je suis triste, je prends un taxi moto comme d’hab, et voilà que nous tombons à nouveau en panne sèche ! Mais c’est une manie de ne pas regarder la jauge, ici ! Sauf que là, nous sommes juste devant un étal avec un type qui en vend lui aussi dans des bouteilles de whiskies. Même pas besoin de descendre : il remplit direct, c’est génial !!!
J’arrive à l’orphelinat, humeur très très morose : les filles ont réglé leurs comptes pendant le week-end et ça a dû chauffer ! Je trouve Rabbi en train de ranger sa valise, Gloria qui fait une tête pas possible et le mari (qui est enfin rentré) pas mieux. En plus, 3 gosses malades et le petit Christian qui tousse beaucoup, donc tout le monde à l’hosto ! Ici, pas de médecin, direct hôpital… Bon, l’ambiance n’est pas terrible pour ma dernière semaine, j’espère que ça va s’arranger !
Adjima essaie de m’expliquer les conflits des filles, les règles de la maison, etc… Je ne comprends rien à sa hiérarchie : entre ce qu’elles peuvent faire ou pas, ce qu’elles ont le droit de dire ou pas... enfin bref c’est incompréhensible ! Il y a des chefs, des pas chefs, je ne cherche même pas à comprendre, j’essaie seulement de lui expliquer qu’à mon sens, ils devraient tous se comporter comme une famille, s’occuper des enfants, traiter l’urgence quand elle se présente et ne pas attendre 3 jours pour commencer à les soigner quand ils sont malades, essayer de les éduquer au lieu de les laisser à l’abandon, c’est quoi exactement l’orphelinat ? lui dis-je : remplir les assiettes 3 fois par jour, ne jamais regarder leurs cahiers de classe et les laisser dormir à même le sol ? Et là je comprends qu’il est inutile de parlementer, la culture est différente, les moyens sont différents, la religion est tellement présente dans ce quotidien... Le but du volontariat n’est pas de leur imposer notre vision des choses, cela en devient même ambigu et je ne veux surtout pas prendre le risque de le blesser (juste un peu le faire réfléchir !)
Ce que je sais néanmoins, c’est que si nous infligions à nos enfants un petit bout de ce qui se passe ici (déjà que pour un oui ou pour un non nous sommes taxés de mauvais parents et soi-disant quasi responsables d’un nombre incalculable des séances de psy, au moins jusqu’à un âge avancé de la maturité), il y a des réalités qu’il faudrait leur montrer pour remettre les pendules à l’heure, à nos chers petits…
Bon, ce n’est pas tout ça, mais aujourd’hui, c’est lundi et ici pas le jour des raviolis ; et comme ma chère Thérèse considère que c’est le jour de la réunion Projects Abroad où on nous sert de l’ananas et des cacahuètes, ce soir, pas de dîner ; mais là, il est 22 heures et moi, j’ai un vrai petit creux ! Je vais donc faire un tour vers la cuisine et là : rien, mais vraiment rien à grignoter. Mais ce que ça rend triste, un frigo vide, ça décourage même !!! Je trouve un paquet de bananes plantain au sol, sous un sac plastique ; pas le choix, c’est un légume à frire et bien moi, je vais le boulotter comme un fruit et en plus ça cale !!!


 
 
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